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jeudi 7 juin 2012

coup de projo 2

La blogosphère vinique fourmille d'articles intéressants, car le vin est complexe, vivant, varié mais ce qui compte c'est le plaisir procuré et en cela nous sommes tout à fait d'accord avec l'auteur : Eva Robineau.

voici le lien vers la page de ce blog à recommander



POSTÉ PAR EVA ROBINEAU, LE 5 JUIN 2012
Et oui, j’ai déjà 2 ans… Enfin, c’est Oenos qui a 2 ans. En 2 ans, j’en ai goûté des vins, des bons voire fabuleux, mais aussi des moins bons à tendance destruction de flore intestinale. Mais c’est surtout 2 ans de rencontres humaines qui m’ont fait réfléchir et évolué.
Au début, je ne parlais pas vraiment de vin. Je laissais la parole aux vignerons, les enregistrant et retranscrivant ensuite leurs paroles par écrit. Passionnant mais chronophage. J’ai dû arrêter. À ce moment-là, j’ai arrêté aussi de relayer les événements liés au vin dans la Loire. Devenir une succursale d’un office de tourisme ne m’intéressait pas à la longue, il y a d’autres acteurs que moi pour faire ça mieux que moi.
Alors j’ai commencé à parler du vin lui-même avec mes propres mots, imprécis, parfois improbables, toujours en essayant de ne pas me prendre trop au sérieux.
La difficulté finalement, c’est d’être un peu sérieux sans l’être trop. Sérieux parce qu’on prend conscience au fur et à mesure de la complexité du métier de vigneron. De la complexité et de la difficulté de faire du vin. Et plus précisément, du BON vin. J’ai un immense respect pour tous les vignerons à la base, j’en ai encore plus pour ceux qui s’efforcent de travailler en respectant la nature. Respect pour ceux qui se remettent en question en permanence, font dix métiers à la fois (faudrait sérieusement les compter un jour) et subissent la pression permanente des banquiers. Et j’en passe. Par respect pour ce travail, si un vin ne m’a pas plu du tout, je n’en parle pas. A moins que ce ne soit du foutage du gueule.
On a envie de dire tout ça, de le crier même des fois. D’expliquer aux personnes qui sont en train de boire le vin que le mec ou la nana derrière ce vin en a bavé cette année, qu’il a bossé comme un forcené, qu’il craint le gel ou la grêle à ne pas en dormir, qu’il se fait chier à travailler en respectant l’environnement, qu’il le fait sous n’importe quelle condition météorologique, qu’il est montré du doigt par ses « pairs » parce qu’il pose les questions qu’il ne faut pas, qu’il aurait aimé garder le vin qu’on est en train de boire dans sa cave plus longtemps mais que le banquier ne voulait pas. On a envie de dire tout ça.
Mais on s’abstient. Le plaisir avant tout. On leur expliquera après tout ça, quand ils auront été conquis par le vin. Laissons les kiffer.
Je reste simple consommatrice dans mes dégustations. Consommatrice avertie sans doute, mais consommatrice avant tout. Ce qui m’importe dans une bouteille, c’est son potentiel de plaisir. Le plaisir de la boire mais aussi le plaisir de la partager. Car sans partage, le vin n’a pas vraiment le même goût.
Partage aussi avec des personnes rencontrées tout au long de mon initiation au vin. Cavistes, blogueurs, simples dégustateurs, toutes ces rencontres m’ont enrichi. Et c’est avec ceux qui savent échanger et transmettre leur passion sans se mettre personnellement en avant que j’ai appris le plus de choses. Que j’ai goûté aussi plein de belles choses et pas qu’en vin ! Des passionnés passionnants tout simplement, qui se reconnaitront.
Alors quoi, tout est tout beau tout rose dans le monde des blogs? Bien sûr que non, mais si on s’arrêtait à tous les esprits obtus qui veulent nous faire rentrer dans des petites cases, on n’avancerait plus. Mettre les gens dans des cases, c’est facile. Introduire des nuances dans son discours en s’adaptant à chaque vin, chaque vigneron, l’est beaucoup moins. Par exemple, je n’aime pas le vin nature, j’aime le vin tout court. Il se trouve que dans les vins que j’aime, il y a des vins natures, d’autres issus de raisins cultivés en agriculture biologique, d’autres en biodynamie, d’autres en rien de tout cela. Ce qui m’importe avant tout, c’est de prendre du plaisir. Et de découvrir qui se cache derrière cette belle cuvée et comment il travaille. Et je me garderais bien d’un quelconque jugement sur la question du soufre. Il est facile de juger cette question derrière un écran, du fond de son fauteuil. Beaucoup moins dans son chai quand l’avenir d’une cuvée est en jeu. Etant d’une nature migraineuse, je peux juste dire que j’apprécie vraiment quand le vigneron fait des efforts pour réduire sa dose au minimum.
Bref, en deux ans, j’ai appris le vin par les hommes plus que par le vin lui-même. Plus les rencontres se multiplient, plus mon respect des vignerons se forge. Et plus j’ai envie de mettre en avant ceux qui ne sont pas assez connus et qui gagneraient à l’être. De plus en plus aussi, cette envie de sortir le vin de ses carcans trop sérieux, de ses dégustations pince-fesses et dégoulinantes d’égos démesurés de dégustateurs autoproclamés, pour l’expliquer aux gens en toute simplicité. On a un truc magique dans nos verres, prennons-en conscience sans en faire tout un pataquès ! M**** alors!
Alors voilà, je me dis que tout continue, que j’ai encore envie de parler de ces vins que j’aime, de ces vignerons qui en valent le coup, même si c’est avec mes mots, même si c’est maladroit, j’ai encore envie de vous casser les oreilles un bon bout de temps avec tout ça.
En même temps, je ne vous laisse pas tellement le choix ;-)
oenos
PS : bon et puis un pti coup de neuf sur les tapisseries, ça ferrait pas de mal, qu’en pensez-vous? Patience, ça vient !

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